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Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:06
par Dominique
Les Faux de Verzy sont des hêtres ayant subit une mutation génétique stable.
Environ 800 individus poussent en forêt de Verzy près de Reims sur un espace d'environ 80ha.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_de_Verzy
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:11
par Dominique
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:12
par Dominique
D'angoissantes légendes courent sur cette forêt. Quelle étrange créature à été "arborisée" ici ?
Ou bien attire elle les randonneurs égarés la nuit.
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:17
par Dominique
Le fau à la capacité de fusionner ses branches créant ainsi des arcs et boucles plus ou moins tourmentées
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:21
par Dominique
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:21
par Dominique
Enfin, le plus bizarre est qu'il y a aussi un chêne muté dans le périmètre. Quel est le facteur commun à toutes ces mutations si localisées ??
Re: Faux de Verzy
Posté : 18 avr. 2010 22:30
par Dominique
Même les bancs sont bizarre dans cette forêt !
Re: Faux de Verzy
Posté : 27 mai 2012 11:30
par mauguier
Après une courte enquête dans mes archives (géologiques), j'ai trouvé ceci :
Les hypothèses sur la morphologie de ces arbres conduisent à un premier constat : ils auraient dû disparaître ! Les moines de la Confrérie de St Basle avaient un monastère sur le plateau et il est vraisemblable qu'ils se sont attachés à entretenir la Faux (du latin "fagus", le hêtre) pour son aspect très particulier. L'ONF et le PNRMR ont pris la suite.
On n'a pas prouvé d'action par une virose, mais des champignons pathogènes présents dans les bourgeons terminaux expliqueraient les déformations observables (on en trouve aussi dans les hêtres normaux, sans qu'ils s'y développent).
Je songe à d'autres possibilités.
On est ici sur une butte tertiaire, avec superpositions de meulières et de craie, dont les fractures ont favorisé la naissance d'un karst, une fois la dernière phase de transgression marine terminée (exemple : fosse Martin-Godart, pas loin au NE), laquelle a laissé des poches de sable (sable de Fontainebleau). La succession des épisodes climatiques chauds/froids au quaternaire, alliés à la nature du terrain, ont peut-être provoqué la naissance d'une espèce indigène qui a parfois des aspects de mangrove (mangrove difficilement imaginable sur un plateau, une fois émergé - mais on peut imaginer des mutations liées à des épisodes alternés de transgression/régression en fin de cycle géologique tertiaire), espèce ayant dû lutter afin de survivre dans des conditions hydrométriques difficiles sur un terrain perméable ou au contraire invasives (suivant la présence ou non d'un horizon argilo-calcaire au début du quaternaire, ou d'un apport loessique par apport éolien), en adoptant une morphologie "bonne à tout faire" et "tout climat". L'histoire humaine a fait le reste, qui a vraisemblablement favorisé la pousse de beaux individus rectilignes (pour le bois d'oeuvre )en éliminant les "tordus" de toutes sortes (pour le bois de chauffage), n'avait été l'obstination des moines à en conserver le témoignage.
Je ne suis pas en mesure de trancher à distance (d'espace et de temps) ce cas pittoresque... peut-être a-t-on depuis obtenu des explications convaincantes, faisant pencher le fléau soit du côté strictement biologique, soit du côté géo-climatique...soit des deux.
Re: Faux de Verzy
Posté : 27 mai 2012 18:26
par Dominique
Je ne suis ni botaniste ni géologue mais, en tant qu'ingénieur, j'ai appris à accumuler les observations. Je les groupés en 4 facteurs:
- Il s'agit d'une mutation récessive car le caractère se transmet par les graines, mais pas systématiquement et que les sujets mutés cohabitent avec des sujets sains.
- Un facteur local est nécessaire à leur développement car ils ne poussent que dans un périmètre très restreint d'environ 1km².
- Ce phénomène mutagène est reproductible ou transmissible entre espèces car de semblables mutations sont aussi constatées dans la même zone sur quelques chênes et un pin. D'autre part, on en observe quelques individus prés de Hanovre (Allemagne), à Malmö (Suède) ... et un transplanté en 1905 aux arènes de Lutèce à Paris.
- La pérennité de cette mutation est dépendante d'un facteur externe favorisant la population mutée: L'ONF signale que ces arbres ne sauraient entrer en concurrence avec les espèces normales et que leur survie n'est possible qu'en défrichant régulièrement autour d'eux. La continuité de l'entretient de cette zone depuis l'établissement des moines au VIem siècle est probablement un facteur déterminant. La pauvreté du terrain peut en être un autre.
Tout ceci indique un phénomène génétique, probablement en symbiose avec un autre organisme (virus, champignon, ...) et qui n'est viable que si un troisième facteur externe vient le favoriser par rapport à son entourage.
Reste à expliquer la raison de l'apparition de cette mutation, l'hypothèse d'une mutation venant du quaternaire s'intégrant bien dans le tableau.
Précisions :
- Les faux se développent sur l'emplacement de l'abbaye de saint Basle, fondée au VIIem siècle et détruite à la révolution
- La première description connue date de 1664
Re: Faux de Verzy
Posté : 27 mai 2012 18:35
par Dominique
L'aspect des faux quand le feuillage s'est développé n'est plus aussi spectaculaire car il ressemble plus alors à certains arbres d'ornements