Vière (04150 La Rochegiron)
Posté : 22 avr. 2013 08:29
L'étymologie qu'on en donne d'ordinaire l'apparente au terme "vieux" (vetus en latin), puisqu'il semble que là ait été le siège ancien de la communauté humaine établie dans cette vallée, d'ailleurs dominée à l'époque par un "castrum", lui-même ayant probablement succédé à d'autres structures de défense/habitation. On peut tout aussi bien y rechercher une parenté avec le gaulois uxello qui signifie "haut", "en haut"... les deux significations sont de nos jours unifiées dans ce qui a failli devenir une ruine totale et définitive. Le Jonquet et La Rochegiron (siège actuel de la commune) n'étaient jadis que des hameaux annexes établis dans la "plaine", à leurs risques et périls. Vu le genre de richesses qu'il est raisonnable d'espérer tirer d'une "terre" (des cailloux calcaires, en fait) aléatoirement approvisionnée en eau sauf l'hiver sous forme de neige, à 900 m d'altitude, à savoir une céréale rustique de préférence, des rangs de lavande, et des taillis de chênes rabougris abandonnés aux moutons ou aux chèvres... on comprend que l'effet naturel de la pesanteur n'ait eu aucun mal à drainer les êtres humains vers le bas. Et puis il y a le vent... du nord, du sud, de l'ouest, de l'est, lequel même en mars et au grand soleil glace jusqu'à l'os, alors qu'il vous pèle la chair comme sur un gril quatre mois plus tard. Il faut oublier, décidément, la Provence de Pagnol ou des "bronzés" et demander à Giono ce qu'il en pense.
Bref, deux ou trois maisons ont été consolidées et sont habitées, au bout de la piste saharienne/sibérienne baptisée D 112, dont le goudron avare s'interrompt prudemment 800 m avant le hameau : on ne sait jamais, le pipi de chat (dit "ruisseau de la Combe") coulant juste en bordure de route - et qu'il faut traverser à la fin - ne pardonne pas les fanfreluches noirâtres issues du pétrole, régulièrement scalpées par des crues aux allures tropicales ! D'ailleurs, vu la puissance des moteurs automobiles, on se demande pourquoi les aménageurs, probablement payés au km, n'ont pas utilisé le vieux chemin, plus court et certes plus raide, mais parfaitement à l'abri des crues...
Une fois dépassé le hameau vers le N, on entre dans un pays parfaitement adapté aux maquis, aux ermites, aux misanthropes, aux réfractaires : quelque ferme isolée retapée dans une trouée forestière, puis plus rien sur des kilomètres jusqu'aux estives et crêtes de Lure ; il eût fallu des raquettes au-dessus de 1000 m, nous ne les avions pas, tant pis ou tant mieux, la découverte reste à faire.
Aperçu du hameau en approche depuis le S.
Bref, deux ou trois maisons ont été consolidées et sont habitées, au bout de la piste saharienne/sibérienne baptisée D 112, dont le goudron avare s'interrompt prudemment 800 m avant le hameau : on ne sait jamais, le pipi de chat (dit "ruisseau de la Combe") coulant juste en bordure de route - et qu'il faut traverser à la fin - ne pardonne pas les fanfreluches noirâtres issues du pétrole, régulièrement scalpées par des crues aux allures tropicales ! D'ailleurs, vu la puissance des moteurs automobiles, on se demande pourquoi les aménageurs, probablement payés au km, n'ont pas utilisé le vieux chemin, plus court et certes plus raide, mais parfaitement à l'abri des crues...
Une fois dépassé le hameau vers le N, on entre dans un pays parfaitement adapté aux maquis, aux ermites, aux misanthropes, aux réfractaires : quelque ferme isolée retapée dans une trouée forestière, puis plus rien sur des kilomètres jusqu'aux estives et crêtes de Lure ; il eût fallu des raquettes au-dessus de 1000 m, nous ne les avions pas, tant pis ou tant mieux, la découverte reste à faire.
Aperçu du hameau en approche depuis le S.