Le plus bel édifice Roman des baronnies, en tout cas celui qui a le mieux résisté aux guerres, catastrophes, méfaits architecturaux et autres injures du temps. C'était une église priorale, ce qui explique sa position très à l'écart du village. Mais lorsque les quatre moines présents, y compris le Prieur, furent réduits à un seul (après 1440) tourné essentiellement vers une vie de dissipation par ailleurs totalement exempte de soucis patrimoniaux à l'égard des bâtiments, les évènements graves qui accompagnèrent les tueries entre huguenots et catholiques eurent aussi raison des locaux, l'église échappant par miracle à la ruine totale du reste. On a remplacé le clocher d'origine par une tour aux allures de casemate médiévale,postérieurement à la construction de l'église, probablement pour des raisons défensives (?). La sculpture, surtout exemplaire sur tout le porche O, n'ôte rien au reste de l'édifice, à voir avec attention. Un cliché général du côté occidental.
Le plus bel édifice Roman des baronnies, en tout cas celui qui a le mieux résisté aux guerres, catastrophes, méfaits architecturaux et autres injures du temps. C'était une église priorale, ce qui explique sa position très à l'écart du village. Mais lorsque les quatre moines présents, y compris le Prieur, furent réduits à un seul (après 1440) tourné essentiellement vers une vie de dissipation par ailleurs totalement exempte de soucis patrimoniaux à l'égard des bâtiments, les évènements graves qui accompagnèrent les tueries entre huguenots et catholiques eurent aussi raison des locaux, l'église échappant par miracle à la ruine totale du reste. On a remplacé le clocher d'origine par une tour aux allures de casemate médiévale,postérieurement à la construction de l'église, probablement pour des raisons défensives (?). La sculpture, surtout exemplaire sur tout le porche O, n'ôte rien au reste de l'édifice, à voir avec attention. Un cliché général du côté occidental.
Le porche, avec son tympan sculpté (un musicien, un homme tenant un oiseau, un troisième portant besace), dont l'interprétation a fait couler bien plus d'encre que n'a jamais contenu d'eau le torrent, lequel s'appelle ici l'Ennuyé...
Le porche, avec son tympan sculpté (un musicien, un homme tenant un oiseau, un troisième portant besace), dont l'interprétation a fait couler bien plus d'encre que n'a jamais contenu d'eau le torrent, lequel s'appelle ici l'Ennuyé...
Face au mur S de l'église, une sainte vierge malencontreusement emprisonnée dans une espèce d'abribus, résultat du zèle maladif dont fit preuve le XIXe siècle dans des restaurations pourtant nécessaires et dont il faut, justice lui soit rendue, noter ici les résultats moins catastrophiques que dans 80% des cas où on rasa pour reconstruire ces choses sans âge et sans âme qui "ornent" maints villages de notre beau pays.
Face au mur S de l'église, une sainte vierge malencontreusement emprisonnée dans une espèce d'abribus, résultat du zèle maladif dont fit preuve le XIXe siècle dans des restaurations pourtant nécessaires et dont il faut, justice lui soit rendue, noter ici les résultats moins catastrophiques que dans 80% des cas où on rasa pour reconstruire ces choses sans âge et sans âme qui "ornent" maints villages de notre beau pays.
J'allais oublier ce détail... L'église a été bâtie au XIIe siècle pour desservir un pieuré dépendant de Cluny, mais elle n'était que le troisième édifice religieux édifié sur cet emplacement ! Elle succédait à une église primitive, avec rang de basilique et dédiée à St Etienne, où était enterrée sainte Galle, dédicataire de l'édifice actuel. Auparavant encore se dressait ici un temple édifié par les Romains au dieu Baginus, version locale et sans doute patoisante de Jupiter. La dédicace romaine a été ramassée par les constructeurs et tout simplement intégrée au mur dans le transept N, assez haut pour que personne n'aille s'interroger sur sa signification : un certain Lucius Veratius Rusticus, édile du pagus (le village, en quelque sorte) y assigne à ce temple le produit des amendes et autres menus revenus "communaux". Il n'y a pas de petit profit, même dans le recyclage des vieilles pierres...
J'allais oublier ce détail... L'église a été bâtie au XIIe siècle pour desservir un pieuré dépendant de Cluny, mais elle n'était que le troisième édifice religieux édifié sur cet emplacement ! Elle succédait à une église primitive, avec rang de basilique et dédiée à St Etienne, où était enterrée sainte Galle, dédicataire de l'édifice actuel. Auparavant encore se dressait ici un temple édifié par les Romains au dieu Baginus, version locale et sans doute patoisante de Jupiter. La dédicace romaine a été ramassée par les constructeurs et tout simplement intégrée au mur dans le transept N, assez haut pour que personne n'aille s'interroger sur sa signification : un certain Lucius Veratius Rusticus, édile du pagus (le village, en quelque sorte) y assigne à ce temple le produit des amendes et autres menus revenus "communaux". Il n'y a pas de petit profit, même dans le recyclage des vieilles pierres...