Monument au mort

Monument au mort (Site remarquable)

Altitude: 1079 m

Massif: Jura

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Dominique
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Monument au mort

Message par Dominique »

"A LA MÉMOIRE D'UN SOLDAT FRANÇAIS"
1881 (S.I.C.)

"A LA MÉMOIRE D'UN SOLDAT FRANÇAIS"
1881 (S.I.C.)

© Dominique / 20 févr. 2011 17:59
Fichiers joints

08 févr. 2011 10:31

5mm f/4 1/640s 80ASA Canon PowerShot SX200 IS

Modifié en dernier par Anonymous le 29 juin 2016 20:31, modifié 1 fois.
Raison : http://v2.chemineur.fr/point/20110220175932
Dominique
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mauguier
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Re: Monument au mort

Message par mauguier »

Je rends hommage à ta perspicacité et à ton flair...!
Voici, telle que la rapporte René Weibel "Sur les chemins des refuges forestiers" - Imprimerie Baudat, Le Brassus), la raison d'être de ce monument. Je cite :
" vaincue par les Allemands, l'armée complètement décimée du général Bourbaki débarque en Suisse par un froid glacial en février 1871. On dénombre 12.000 soldats, 500 chevaux et 9 canons ayant transité par la vallée de Joux. Le 4 février il ne restera plus que les éclopés, lesquels seront soignés par les médecins de l'armée helvétique secondés par du personnel infirmier, ceci dans des locaux aménagés en infirmeries de secours. Le chalet de la Thomassette, vu son éloignement des zones urbaines, fut le lieu d'hébergement des soldats atteints de maladies contagieuses. Tous guérirent sauf un malheureux qui, trop faible pour décliner son identité, mourut inconnu, loin des siens au chalet de la Thomassette. Un dénommé "l'Aigle", homme à tout faire, fut chargé d'ensevelir le pestiféré le plus loin possible du chalet, la rumeur publique attribuant le décès de l'infortuné à la peste. Ce faisant, on pensait pouvoir éviter la contagion. Quelques années après cet enterrement sommaire, la conscience collective se réveilla et s'interrogea sur l'opportunité d'offrir une sépulture digne de ce nom à ce soldat inconnu, enterré comme un chien au pied du Risoud. On rassembla des fonds pour ériger un monument à sa mémoire. Une délégation française fut invitée pour l'inauguration. Elle arriva musique en tête ! L'amitié franco-suisse servit de thème pour la journée. Le vin aidant, tout cela finit par une joyeuse "bamboula", peu en rapport avec le drame qui s'était joué ici quelques années auparavant... Inspirée par cet évènement, la "Demoiselle du Campe" alors âgée de 14 ans composa la poésie dédiée à la tombe de l'interné (abrégée ici) :
Au pied du noir Risoud, dans un vallon sauvage,
...Quel est le malheureux qui dort sous le gazon ?
....Il n'avait pas de nom et la funèbre pierre
Gardera son secret, muette pour jamais !...
Et l'oeil donne un regard à ce triste mystère,
Et le coeur un soupir pour le pauvre Français...
La "Demoiselle du Campe", de son nom Mélanie Meylan (1864 - 1944), consacra sa vie à l'enseignement après avoir obtenu son brevet à l'Ecole Normale. Elle publia plusieurs ouvrages et cahiers poétiques sous le pseudonyme de Cornélie Duval." (fin de citation)
Il y a des braves gens au pays du Val de Joux !

Je rends hommage à ta perspicacité et à ton flair...!
Voici, telle que la rapporte René Weibel "Sur les chemins des refuges forestiers" - Imprimerie Baudat, Le Brassus), la raison d'être de ce monument. Je cite :
" vaincue par les Allemands, l'armée complètement décimée du général Bourbaki débarque en Suisse par un froid glacial en février 1871. On dénombre 12.000 soldats, 500 chevaux et 9 canons ayant transité par la vallée de Joux. Le 4 février il ne restera plus que les éclopés, lesquels seront soignés par les médecins de l'armée helvétique secondés par du personnel infirmier, ceci dans des locaux aménagés en infirmeries de secours. Le chalet de la Thomassette, vu son éloignement des zones urbaines, fut le lieu d'hébergement des soldats atteints de maladies contagieuses. Tous guérirent sauf un malheureux qui, trop faible pour décliner son identité, mourut inconnu, loin des siens au chalet de la Thomassette. Un dénommé "l'Aigle", homme à tout faire, fut chargé d'ensevelir le pestiféré le plus loin possible du chalet, la rumeur publique attribuant le décès de l'infortuné à la peste. Ce faisant, on pensait pouvoir éviter la contagion. Quelques années après cet enterrement sommaire, la conscience collective se réveilla et s'interrogea sur l'opportunité d'offrir une sépulture digne de ce nom à ce soldat inconnu, enterré comme un chien au pied du Risoud. On rassembla des fonds pour ériger un monument à sa mémoire. Une délégation française fut invitée pour l'inauguration. Elle arriva musique en tête ! L'amitié franco-suisse servit de thème pour la journée. Le vin aidant, tout cela finit par une joyeuse "bamboula", peu en rapport avec le drame qui s'était joué ici quelques années auparavant... Inspirée par cet évènement, la "Demoiselle du Campe" alors âgée de 14 ans composa la poésie dédiée à la tombe de l'interné (abrégée ici) :
Au pied du noir Risoud, dans un vallon sauvage,
...Quel est le malheureux qui dort sous le gazon ?
....Il n'avait pas de nom et la funèbre pierre
Gardera son secret, muette pour jamais !...
Et l'oeil donne un regard à ce triste mystère,
Et le coeur un soupir pour le pauvre Français...
La "Demoiselle du Campe", de son nom Mélanie Meylan (1864 - 1944), consacra sa vie à l'enseignement après avoir obtenu son brevet à l'Ecole Normale. Elle publia plusieurs ouvrages et cahiers poétiques sous le pseudonyme de Cornélie Duval." (fin de citation)
Il y a des braves gens au pays du Val de Joux !

© mauguier / 21 févr. 2011 20:35
Modifié en dernier par Anonymous le 29 juin 2016 20:31, modifié 1 fois.
Raison : http://v2.chemineur.fr/point/20110220180307
Claude Mauguier
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